S D F accueillis en maison de retraite

Mais oui, il existe bien des résidences pour personnes âgées qui prennent en charge des « sans domicile fixe ». Certaines personnes vieillissantes se rendent compte qu’elles ne peuvent plus rester dans la rue et finissent par trouver, par le biais de centres d’accueil, des établissements spécialisés dans ce genre d’accueil particulier.

Le principal défi recherché dans ces maisons : retarder l’échéance de la perte totale d’autonomie.

Et dès l’admission de ce nouveau résident, l’objectif à atteindre sera de bien faire comprendre qu’ils seront aidés pour vaincre la solitude. Si il y a quelques années, ces établissements ressemblaient plus à des prisons, on commence à considérer que ces exclus de la société sont aussi des personnes à part entière.

Ce n’est pas, ni une maison de retraite classique comme ici : https://www.facebook.com/Le1313Chomedey ni un centre d’hébergement, mais seulement une maison d’accueil qui couvre tous les aspects psychologiques, psychiatriques et médicaux. Le règlement de ces maisons est plus souple, certains nouveaux résidents habitués depuis longtemps à vivre dans la rue, se sentent enfermés, prisonniers. Ils sont autorisés à errer en dehors de l’établissement plusieurs jours avant de revenir. Beaucoup n’ont pas décroché, ni de la rue, ni de l’alcool.

Ils titubent dans les couloirs et beaucoup gardent leurs secondes natures, ils stockent dans leurs chambres, leurs affaires, leurs détritus. Ils ont gardé les habitudes de la rue.

Le personnel, spécialement formé, essaie de les faire évoluer, souvent ils doivent s’adapter à eux. Et c’est à force de volonté, de part et d’autre, que le miracle arrive, celui de cette phrase souvent entendue, parait-il : Avant ce n’était pas marrant, ici je peux me laver, je sors, je rentre, Je me sens bien.

La consigne qui est le fer de lance du personnel utilisé dans ces maisons se résume : à faire vieillir les résidents dans la dignité. Tout est fait pour atteindre cet objectif : salon de beauté, de coiffure, dans les parties communes musique zen, parfois encens, posent une ambiance chaleureuse.

Pour ceux qui ont gardé un lien familial, la visite des familles est couramment admise. Très souvent, en remontant dans le passé du résident, les services sociaux arrivent en reconstituant leurs carrières antérieures, à leur faire obtenir une pension.

Un lieu de vie décent et convenable.

C’est ce que recherchent ces centres d’accueils. Dans la mesure du possible, chaque chambre, outre un lit, est équipée d’un téléviseur, d’une douche et surtout : le nom de chaque résident est affiché sur la porte de sa chambre. Il a retrouvé un domicile fixe.

Des activités de groupes et des petites festivités sont organisées, elles servent au divertissement des résidents et à leur faire passer des moments agréables. Des vidéos de bénévoles qui pensent à leur préparer des cadeaux leur sont soumis, comme celle-ci :

Tout est fait pour les aider à mieux se sentir, mieux s’incorporer au centre d’accueil. Si au début de la création de ces établissements, l’alcool était interdit, on s’est vite aperçu que c’était une erreur. Une consommation à faible dose, bien surveillée, est préférable. Ceci pour éviter que les résidents sortent pour en boire une plus grande quantité à l’extérieur et qu’au retour, ils deviennent violents et sèment le trouble dans le centre.

Cette forme de liberté, qui peut paraître paradoxale, est primordiale pour l’équilibre des résidents. En effet, la plupart d’entre eux continuent de sortir pour mendier, parfois partent pendant une longue période avant de revenir et d’être à nouveau recueillis.

La solitude, est-ce une habitude ou une protection ?

Très souvent, ces individus rejetés par la société, ont du mal à participer à la vie du centre et préfèrent : se terrer dans leur coin, au moment des repas ou passer tout leur temps dans leur chambre. La solitude est devenue pour eux une habitude, une drogue, ou peut-être une protection contre l’abandon et la perte d’êtres chers qui hantent leur mémoire.

Ces réactions sont, parait-il, totalement logiques, car pour eux il est très difficile d’accorder sa confiance après avoir été ignoré pendant des années.